Liste des ingrédients :
- 1 Mémé
- 1 conjoint marin pêcheur
- 20 noix de Saint-Jacques
- 200 g de groseilles
- 1/2 cc de poivre du Sichuan
- 50 g de beurre
- 1 cc de sucre
Pour cette recette qui permet de régaler les yeux, les babines, vos amis et votre égo, il vous faut, et cela nous semble être un point essentiel à la réussite du plat, une Mémé qui aime à cueillir des groseilles en nombre puis à les congeler en masse pour enfin vous les offrir de manière quasi-industrielle. Voilà l’impératif et le préalable de cette recette. Qui n’a pas de Mémé abonnée à la cueillette des fruits rouges peut aller se rhabiller. Ou il peut aller en acheter dans le commerce (et si c’est pas la saison et qu’il se contrefout de ruiner le monde dans lequel il vit comme un gros égoïste d’occidental qu’il est, il peut même pousser chez Picard).
Dernier conseil pour trouver une Mémé qui cueille les fruits rouges : être originaire d’un département à la fois sinistré et rural. Ca va souvent de pair me dites-vous. C’est exact. Mais pas tout le temps ! Prenez le Nord ! Bon… Alors dans le top ten des départements où qu’on se flingue tellement qu’on se marre, la Meuse occupe une place de choix, c’est évident. D’ailleurs il paraitrait qu’une charte officieuse imposerait à toutes les Mémés de la Meuse de congeler 12 kg de fruits rouges par an… C’est vous dire la chance d’en être issue surtout si on a trouvé le moyen de le fuir…
Cet impondérable étant réglé, allez faire un bécot à Mémé et revenez avec 200g de groseille. Mettez-les à décongeler et durant le très court laps de temps avant l’effectivité d’une telle chose (une quinzaine d’heure au bas mot), tentez de réduire le Poivre du Sichuan en poudre.
Nouveau conseil d’amis : vous voulez trouver du poivre du Sichuan en Lorraine ? Essayez d’avoir un Pépé d’origine chinoise. Passque sinon vous allez galérer. En plus c’est essentiel d’avoir ce type de poivre. D’ailleurs comme disait Xiao I Min, mon grand père, ces graines de ce poivre si particulier sont merveilleuses, grillées et broyées, elles délivrent une saveur boisée, plus acidulée et moins piquante que le poivre noir. Bref, après avoir fait bécot à Mémé, prenez l’avion pour la Chine et allez embrasser votre Grand Pépé, emportez au passage une poignée de ce poivre si particulier (que dalle !) et retournez voir vos groseilles dégelées.
Humez et si ce sont vraiment des groseilles et pas des baies roses, mixez-les avec 10 cl d’eau et filtrez le jus obtenu. Au bout de 158 semaines, quand le jus est enfin filtré entièrement, versez-le dans une casserole. Assaisonnez-le de sel, de sucre et de poivre du Sichuan (un bécot à Pépé…).
Et vous voilà détenteur d’un coulis de groseilles poivré, délicieusement tendance qu’il va vous falloir chauffer et emplir de gras. Voyons la suite…
Portez-le à ébullition en remuant (huitième conseil de chef : utilisez une casserole assez grande pour éviter que le jus monte) puis laissez frémir 5 mn.
Incorporez 30 g de beurre en faisant tourner la casserole pour le faire fondre (il y a d’autres façons de le faire fondre le beurre, mais ça colle un air relativement classe que de le faire en remuant la casserole, l’air de ne pas y toucher, comme ça…).
Puis ôtez du feu.
Comme votre mari (ou femme, hein) est marin pêcheur, vous n’avez aucun problème pour trouver des St-Jacques par tous les temps et dans tous les appartements que vous avez colonisés durant votre vie de couple. Dans le cas, improbable et pour tout dire assez con, où votre moitié ne serait pas marin (et encore moins pêcheur de St-Jacques), et que les prix desdits coquilles vous apparaissent pour le moins inabordables, courrez donc en acheter des vraies, des grosses et des bonnes surgelées ! Et faites dégeler (en même temps que les groseilles, histoire de gagner du temps) dans du lait ! Comme ça c’est plus moelleux.
En tous les cas, congelées ou fraîches leurs mères, rincez les Saint-Jacques rapidement à l’eau très froide. Egouttez-les sur un linge. Eliminez le filet noir sur le côté. Salez et poivrez-les. Poêlez-les 3 à 4 mn dans le reste de beurre chaud.
Nappez les assiettes de coulis de groseille chaud, ajoutez les saint-Jacques. Parsemez éventuellement de groseilles fraîches.
Servez aussitôt (a-t-on déjà vu phrase aussi conne dans un livre de cuisine. Servez aussitôt ! Non, non attendez une bonne heure, et quand tout le coulis chaud, il est devenu froid, servez en deux temps… Bordel !).
Evidemment servez aussitôt, évidemment régalez-vous et évidemment racontez que c’est vous qui avez créé la recette après avoir goûté du poivre de Sichuan lors de vos dernières vacances en Chine…
PS : la réponse à cette putain de blague, on a le droit de l'avoir, Môdame je suis gravement touché par la grippe...
Merci...
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