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Les petites histoires

Vendredi 8 février 2008

Camarades lecteurs de la presse, Camarades vespéraux, Camarades barbichus, Camarades adorateurs des fanzines,

 

L’histoire que je vais vous conter, avec un sens de l’à propos tel que Edwy P. songe sérieusement à ma modeste personne pour relire, annoter, modifier et saccager ses textes, s’est déroulé il y a peu, quelques semaines tout au plus. En fait pas beaucoup plus de deux. Ou trois. Mais il n’en reste pas moins vrai qu’on s’en tape un peu.

Cette étape narrative n’est qu’un break dans les récits adorables de mes agapes culinaires*. Celles-ci reprendront la haute place qui leur est due quand j’aurai enfin mangé autre chose que des sardines, top budget, en boîte, accompagné de semoule sèche et triste. Bordel de dieu (ou Marx c’est au choix) c’est pas le tout de se ramollir le cerveau à becter de la vache folle, faut quand même penser à soigner son corps de rêve.

 
L’histoire qui se déroule ci-dessous est absolument authentique. Que ceux qui la prendraient pour pure fiction à cause de l’intro stipulant que j’allais au boulot lundi matin, soit remerciés de m’idéaliser à ce point :

 

 

Lundi matin. Pénible pédalage en direction du chagrin. J’affronte le froid et les voitures, désespéré par l’absence totale de chauffage sur un vélo.

Enivré par une vitesse démentielle (17km/h), j’aspire la sobriété à grand goulot, en lisant les affiches jaunes, narrant les unes de mon quotidien régional préféré (oui oui c’est Ouest Plouc !), placardées devant toutes les devantures commerciales de ma pauvre ville. Et j’y découvre avec stupeur l’information choisie pour interpeller le chaland : « Le SMIC doit rebondir ».

Je manque de m’encastrer la voiture, le piéton, le poteau. Depuis quand ce journal affiche une opinion claire, tranchée et engagée sur questions si polémiques. Ou pour être un poil plus concis depuis quand Ouest Plouc n’est plus systématiquement giscardien balladurien chiraquien sarkozyste ?

Dévalant la rue, je cherche anxieusement une autre pancarte, afin de confirmer le fol espoir qui m’anime. Elle est en vue. J’accélère et m’immobilise soudainement pour ne pas rater ce revirement éditorial.

Las ! La vitesse fulgurante de mon engin avait dû me suggérer une lettre supplémentaire. Non ce ne sont pas les bas salaires qui doivent rebondir. Mais le SMC (Stade Malherbe de Caen) après une énième défaite en football (c’était le très léger accident marseillais). Me voilà rassuré ! Mon journal n’a pas changé.

 

* Homme du parquet, soit remercié ici bas. Et sache, que non, Sladjan Djukic n’est pas le complice de Karadzic et que non encore une fois il n’est pas recherché par le TPI. Il est juste attendu de pied ferme par la moitié d’une terne ville de province champenoise pour les 968 duels ratés avec un gardien adverse.

Par Hard Worker
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Mardi 29 mai 2007

Ce midi, toujours à l’affut d’engloutir des tonnes de culture à bon prix, je me prélassais à l’écoute de l’émission phare de France Intox, le jeu des mille euros.

Bon là je me moque de France Inter, c’est facile et dans l’air du temps depuis qu’ils ont affiché un esprit tellement unanimement critique lors de la campagne pour la ratification du TCE. Donc j’écoutais la radio de l’OUI-DA, non sans me remémorer ce si joli réveil matinal où les Grosses Têtes de chez RTL sont venus chatouiller marteaux et enclumes de mes frêles oreilles.

A ce titre sachez que vivant dans un monde de droite, mon radioréveil l’a définitivement entériné vu qu’il ne capte que Europe1 et RTL (véridique). Voilà le pourquoi des Grosses Têtes. Je sais, je sais, je fais preuve de faiblesse et devrais me réveiller au son de la lettre de Guytou Môquet. Mais Bouvard et Rolland ont toujours eu un effet bœuf sur moi.

 

Bref tandis que je ne répondais consciencieusement à aucune question posée, en vint une (un échec de plus pour l’éminent historien que je suis) qui avait la Carmagnole pour réponse. N’oubliant pas une seule seconde que j’aurai pu être révolutionnaire si j’avais été courageux, je me mis en tête d’écouter les élucubrations de Lucien la Semence (cf. Desproges…) sur cette fameuse chanson. C’est :

 

«On l’a chanté et dansé cette Carmagnole. La plus chantée après la Marseillaise et associée à « ça ira, ça ira, ça ira ».

Paroles et musiques anonymes.

Vive le son, vive le son, dansons la Carmagnole, vive le son du canon ! Voilà. Dans des moments pas très… disons, sur le plan historique, pas très heureux (------ 3 ou 4 mots pas trop saisis)*.

A l’origine de liberté. »

 

Je sais, je sais à nouveau. On va nous reclaquer du Soboul/Furet. Gna gna gna. Quand c’est que ça commence et que ça s’arrête la Révolution. La Terreur, c’était plus. Si !! Non ! Stalinien ! Pote de BHL va ! Dictateur ! Sans couilles !! (retranscription du dernier colloque sur les goûts de chiotte comme conversation du soir).

 

Mais hors de toutes polémiques (en même temps si vous voulez…) sur la période légitime de la Révolution, ce qui est amusant c’est de l’entendre appeler comme des « moments pas très heureux sur le plan historique ». Mais bon, il concèdera juste après que cela fut à l’origine de liberté. On a eu chaud !

 

Donc sur Radio Oui, dans le jeu des milles fesses de Lucien la semence, nous sommes face à deux interprétations terribles : l’une royaliste car cette saloperie de révolution mit la bourgeoise gueusaille au pouvoir (ce qui n’est, concédons-le, pas très heureux) ; l’autre gauchiste car malgré tout le tintamarre, elle n’a jamais éliminé la misère et l’exploitation (aurait dit le mec qui maintenant à fait d’arrêter la clope son plus grand combat). Ce qui là aussi n’est pas très heureux. On est dans la merde les aminches ! Moi j’ai décidé de me retirer de la vie politique de France Inter et me replie outrageusement sur RTL où là, pas d’hésitations, on s’en bat grave la race de ces conneries d’avant que Sarkozy il existait…



* qui peut trouver ces quelques mots manquant m'enfoncerait un peu plus dans une surdité bien précoce!

Par Hard Worker
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Vendredi 25 mai 2007

Camarades voyous, loulou, apaches, blouson noirs, jeunes sauvageons et autres délinquants innés,

 

 

 

Le mystère de votre novlangue, tout à fait poilante, a été percé à jour. Et par un boucher. Qui plus est moustachu (comme tout boucher qui se respecte) et qui se lirait bien une lettre de Guy Môquet avant d’aller se coucher. En rêvant, évidemment, de désosser la carte scolaire.
On s’égare.

 

 

 

Cet homme de culture et de barbaque (qui contribue au réchauffement climatique si l’on fait l’effort de se souvenir de ce qui a été magistralement démontré hier) a d’une part trouvé le moyen de lire les mémoires de Vidocq et de l’autre de s’en faire le zélé missionnaire. Et c’est miraculeusement que mes nombreuses années de bredouillage sémantique ont trouvé sens.

 

Allez louia ! Gloire au boucher. Bouffons de la viande et apprenons l’argot.

 

Ecoutons la jolie leçon (non sans s’être auparavant levé à l’entrée du boucher) :

 

Vidocq décrit dans ses mémoires un code substitutif appelé largonji que résume la formule suivante :

consonne initiale + X devient "L" + X + consonne initiale + voyelle

Exemple

. "sac" devient l + ac + s + é = lacsé

."en douce" devient en l + ouce + d + é = en loucedé

."jargon" devient l + argon + j + i = largonji

Certains mots français ont été construits sur ce principe. Ainsi "loufoque" vient de "fou".

 

Ne me remerciez pas, il est bien naturel que je comprense votre ignorance crasse. Entrainez vous et ne parlons plus qu'en argot (si j'ai bien saisi, Fillon ça devient Lillonfé... ce qui avec un sens de l'humour costaud (et un poil d'imagination) pourra devenir : " ça y'est lillonfé, lillon supprimé la carte scolaire..."

Ah ah ah!!! Ce qui en fait n'est absolument pas drôle.

Fraternellement

 

 

Par Hard Worker
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Jeudi 24 mai 2007

Figurez-vous chers Camarades, que dernièrement une quelconque (et par là-même insupportable) journée de travail fut interrompue par le message éplorée d’une amie dans le besoin. Voilà qu’elle me dit, tout de go, sans prévenir, et en plus à l’emporte-pièce, un truc dans le genre :

« Non je dis ça c'est juste que je te sais éminent historien,
et moi, là, depuis 14h (et avec assiduité comme tu le vois) je
"fiche" le moyen-âge; et y'a pas c'est la partie la plus
chiantissime du programme! Tous ces peignes culs qui étaient
bons qu'à faire la guerre et se prendre des saint chrème sur
le coin de la tronche (et baiser leurs soeurs et leurs frêres
et j'en passe, chais pas, ça m'emmerde !
>
> Ca t'emmerdait pas, toi?
> (je me sentirais moins seule)
>
> Pis quessj'en ai à foutre que Philippe Auguste il a mis les
organes du pouvoir à Paris??? (l'histoire ne dis pas où il a
mis ses organes à lui hu hu hu) »>

Vous aviez aisément compris que l’inconséquente tentait le Fabuleux concours de Professeur des Ecoles. Et que prise au dépourvue par l’aridité de la reine des sciences molles (ni contrepèterie, ni allusion), elle allait au devant de graves ennuies. Surtout dans les soirées parisiennes qu’elle écume avec une rigueur qui force le respect. Car, et je le jure devant dieu ou Marx (au choix), qui n’a jamais tancé un camarade se couvrant de ridicule pour avoir confondu Philippe Auguste avec Louis XI (un sacré celui-là !).

Certes j’aurai pu la dénoncer à la Brigade de Répression du Mauvais Goût (d’autant plus qu’elle joue assidûment au RubixCube) pour cette manifeste preuve d’inculture mais je préfère me la raconter et l’humilier en lui claquant sous le nez toute l’étendue de mon savoir.

Voici donc la terrible et fantastique (et peu banale) histoire de Philou… Philou-Gugu.jpg Philou-Gugu.jpg

Philippe-Auguste, que son oncle persistait à appeler Philou, malgré les railleries de ses camarades de seins, était un jeune homme introverti. Son extrême intelligence provenait sans aucun doute de sa Môman, dénommée Adèle, car celle-ci venait de Champagne. Or comme chacun sait, qui vient de Champagne est loin d'être un con! (sauf pour les Troyens objecteraient les puristes médiévistes, et je dois dire que ma position à ce sujet est relativement proche!). Son père, dénommé Louis VII a eu beaucoup de bol de ne pas être pape, et encore plus de ne pas être le pape Pie, car dieu sait qu'il en a chié le pape Pie VII...

Donc ce jeune plouc de roi (il est né à Gonesse... ce qui vu la gueule du patelin fout quand même la honte), plutôt que de partager les fastes de sa cour, préférait du haut de ses 15 ans s'en aller seul dans la forêt chasser la gazelle... C'est au cours d'une de ces parties qu'il eut deux révélations. La première est qu'il n'y avait pas de gazelles dans la forêt de Rambouillet (ce qui explique au demeurant pourquoi il revenait bredouille de la chasse sous les quolibets de son enculé d'oncle). La seconde, au combien plus précieuse, est qu'il se faisait sacrément chier, seul dans cette forêt pourrie pleine de boue. Du coup il eut l'idée de chercher femme!

Comme c'était un peu un poissard, il a fallu qu'il se choppe la laideron du royaume, Isabelle de Hainaut... Alors le problème avec Zaza (comme l'oncle de Philou la surnommait affectueusement, non sans lui coller une main au cul de temps en temps...), c'est que, non seulement, elle se rapprochait plus du tromblon que de la reine de beauté, mais en plus elle venait de l'Artois... c'est à dire que not’ pôv' roi, il avait le choix pour se distraire entre glandouiller dans sa forêt pourrie ou aller se geler les miches dans une région à cheval sur la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais!!!!!!! T'imagines les bouseux qu'il devait se coltiner!!!!

Not’ pôv' Philou, qu'était au bord de la dépression, qu'avait éclusé son stock de Prosac, et ben il allait pas fort, coincé entre le Boudin et les Prolos... Il sentait confusément que sa situation lui échappait. Si ça continuait il allait se faire virer de son poste de roi, et sans ses parachute doré en plus (enculé de Noël F. pensa-t-il au plus profond de son marasme sentimental).

Mais la destiné ne s’acharne que modérément sur les rois (à la notable exception de Louis XVI, mais la destiné n’a jamais pu blairer les horlogers, alors faut pas la chercher hein…) et c'est en écoutant un jeune troubadour nain d'origine arménienne qu'il eut l'illumination. Il allait aller (plutôt disgracieux comme formule littéraire "aller aller") au bout de la terre, au pays des merveilles, là où la misère serait moins pénible passque au soleil!! Il partit donc faire les Croisades avec son poteau de toujours Richard Cœur de Lion, histoire de tatanner quelques bougnoules... C'est toujours ça de pris!

Le problème avec le Raton, c'est que c'est pas véloce... du coup après avoir allégrement saccagé et violé (activité fort prisé par la jeune noblesse désargentée des Croisades: généralement ils cherchaient une cave, et se faisaient passer leur victimes à tour de rôle...), il dût rentrer chez lui! Le pauvre!!!!

Il apprit alors la mort de Zaza! L'heureux homme!!!

Il se mit alors en quête d'un nouvel idéal féminin. Bon là je ne te cache pas que les éminents historiens ne comprennent pas bien cette partie de sa vie. Passque le mec, il est intelligent, balaise, y vient de foutre une toutoune aux pecnos du Sud, sa femme calanche le laissant riche, célèbre et convoité (y fait Drucker deux dimanches de suite) et qui c'est qu'il nous ramène???? Ingeburge du Dennemark!!!!!!!!!!

Bon en fait c'est pas difficile! Tous des tocards les éminents historiens. Deux raisons principales président à ce choix.

La première, il était bourré comme un coing quand il l'a choisi! C'est clair.

La deuxième, à mon avis, c'est que la Danoise, c'était une vicelarde... Que comme toute danoise qui se respecte, elle avait la chevelure blonde et abondante, le corps laiteux et abondant et les seins gros et abondants (et le cliché gras et abondant vous emmerde)... Et que le petit Philou, y s'est dit qui pouvait pas passer à côté de ça! D'autant qu'elle savait y faire la salope!!!! La Saalooooooopppppppeeeeeeeeeeeee!!!!!!!!!! S'est-il d’ailleurs écrié le jour de sa nuit de noce...

Hélas!!! trois fois hélas!!!! Histoire basée sur le cul, histoire déjà perdue!!!!! Passque la danoise, y comprenait rien quand elle jactait. Et comme après avoir baisé durant 125 heures d'affilé (c'était un roi quand même, il avait son standing à respecter...au grand désespoir d’Ingeburge…), il avait un peu envie de communiquer (style "tu veux une clope, Mamour?") il s’est à nouveau senti très seul.

Alors comme il était roi et qu'il en avait plein le dos de la gourdasse viking, il la jarta à l'aise pour se caser avec une mignonette, Agnès de Méranie (encore un nom à la con, enfin heureusement elle ne s'appelait pas Pie VII, elle...). Mais la destiné (qui n’aime pas les horlogers) drapa de son long voile noir l’espérance de bonheur de notre bon roi. Et le bonheur fut de courte durée donc (à cause du long voile noir). Car la Scandinave avait des dossiers compromettants sur Philou où notamment on l'accusait de financements occultes et de fausses factures ; son nom apparaissant même dans un listing secret. Du coup il eut beau mettre les RG sur le coup, il dut reprendre Ingeburge comme femme... Un peu la honte le mec !!!!!!!!!

C'est donc avec tristesse qu'il fit une croix sur sa vie amoureuse, et se jeta à corps perdu dans la baston!!! Alors il a un peu agrandi le royaume de France et un peu façonné Paris en capitale administrative.

Moralité : c'est bien passqu'il se servait plus de ses organes, qu'il en mit d'autres en place à Paris!

A bientôt pour une autre question d'histoire....

Par Hard Worker
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